Le taxi

Il était deux heures du matin et elle avait décidé de rentrer chez elle. Elle sortait de discothèque, passablement éméchée mais pas assez pour se croire assez forte pour rentrer chez elle au volant de sa propre voiture. Elle se rendit à la station de taxi la plus proche et avisa le dernier taxi disponible. Une grosse berline avec sièges en cuir. A défaut d’être en état de rentrer chez elle par ses propres moyens, au moins elle pourrait se jouer le film de la bourgeoise richissime qui dispose de son propre chauffeur, l’alcool l’aidant à rendre cette petite fantaisie plus réaliste…Elle indiqua son adresse au chauffeur et la voiture se mit en route pendant qu’elle se détendait sur la banquette arrière. Elle se sentait légère, l’alcool lui chauffait agréablement la tête… elle se prit à imaginer être une riche bourgeoise conduite de restaurants luxueux en salles de théâtre mondaines par ce chauffeur personnel qu’elle imaginait s’appeler Karl. Elle ne voyait que le derrière de la tête et la nuque du taxi et elle trouvait qu’il avait une coupe de cheveux à s’appeler ainsi… blonds et coupés à ras comme un soldat de l’armée Allemande. L’espace d’une seconde elle eu un éclair de lucidité et se dit que son fantasme était un peu bizarre, mais cela ne dura pas et elle se replongea avec délice dans son petit rêve personnel.

La voiture finit par s’engager sur une route un peu cabossée, signe qu’elle se rapprochait de sa destination : une maison isolée à la campagne. Elle sortit de ses rêveries à contrecœur et se pencha en avant pour trouver son sac à main : le compteur du taxi indiquait un peu moins de cinquante euros et il allait falloir le payer dans quelques kilomètres. C’est à ce moment là qu’elle se rendit compte qu’elle avait oublié son sac à la discothèque, sur le comptoir du vestiaire. Elle sentit une sueur froide la parcourir, et dit au chauffeur : « J’ai oublié mon sac, je n’ai pas de quoi vous payer ». Si elle n’avait pas été alcoolisée, elle aurait attendu d’être arrivée devant chez elle pour faire cet aveu, mais elle n’avait pas réfléchi. Le chauffeur arrêta la voiture sur le bas côté de la route de campagne et se tourna vers elle. Il avait de beaux yeux bleus mais l’expression de son visage était froide.
– Vous n’avez pas d’argent ? Vous me prenez pour une oeuvre de charité ?

Elle aurait aimé disparaître dans le fond de son siège. Elle avait reçu une éducation stricte et il était impensable pour elle de ne serait-ce que passer pour une voleuse, or elle savait qu’elle ne pouvait vraiment pas payer ce taxi. Si par bonheur les clés de son domicile étaient dans la poche de son manteau, elle n’avait aucun moyen de paiement chez elle : son argent et son chéquier étaient dans son sac, oublié à plusieurs kilomètres de là et maintenant sûrement emporté par le premier opportuniste venu. Elle décida d’être franche et de lui dire tout cela sans ambages.

Le chauffeur la considéra pendant une longue minute qui lui paru, à elle, durer une heure. Elle avait peur qu’il appelle la police, peur de se retrouver en garde-à-vue et accusée de vol, peur qu’il la laisse sur le bas coté d’une route non-éclairée à encore 30 minutes de marche de chez elle. Et surtout si honte de passer pour une voleuse, qu’elle fut presque soulagée quand elle entendit le chauffeur dire avec un sourire en coin : « Je pense qu’on va pouvoir s’arranger ».

Il poursuivit :
– Tu as beau avoir perdu ton sac, il te reste une monnaie d’échange.
– Vous avez raison, je n’y pensais plus : je peux vous signer une reconnaissance de dettes sur le champ.
Il eu un rire bref, et elle ne pu s’empêcher de remarquer qu’il était vraiment séduisant malgré son ton sec et froid. « Un tel papier n’a aucune valeur, ce n’est pas envisageable pour moi. Je pensais plus à un paiement en nature. Tu es plutôt bien faite et j’ai des besoins. Je te ramènerai chez toi si tu me laisses te caresser les seins. »

Sur le coup elle fut choquée, mais elle considéra ce qu’il proposait et trouva que c’était plutôt raisonnable. Si elle se laissait caresser les seins il finirait sa course et elle serait rentrée chez elle sans encombres dans dix minutes tout au plus. Elle s’en sortait bien, finalement. Soulagée, elle accepta. Le chauffeur sorti de la voiture et la rejoignit sur la banquette arrière de la berline.

Une fois assis à coté d’elle, il lui demanda de déboutonner son chemisier, ce qu’elle fit en le dévisageant : elle le trouvait à son goût bien que sa froideur lui fasse peur. Ses mains étaient douces et ses caresses agréables. Elle était célibataire depuis un moment et alors qu’elle pensait bien le vivre elle se rendit compte à cet instant que le contact d’un homme lui manquait. Elle se surprit à se pencher vers lui pour devancer ses caresses. Il faisait courir ses mains le long de son buste et son ventre en revenant aux seins fréquemment, son manège était tellement habille qu’elle ne s’en rendit pas compte tout de suite. L’alcool l’avait complètement désinhibée, faisant le jeu du taxi. Elle fini par reprendre ses esprits et repoussa ses mains. « On a dit seulement les seins. Vous avez eu votre paiement, ramenez-moi chez moi maintenant. » Il remit les mains sur ses seins brutalement. « Ah, parce que tu penses que caresser tes seins ça vaut cinquante euros ? Redescends sur terre cocotte, il va falloir faire plus d’efforts pour me payer ce que tu me dois. Pour ce prix je te caresse le bas aussi.
– Ce n’est pas ce qui était convenu, se défendit-elle fermement. Ramenez-moi maintenant. »
Mais il n’était pas impressionné. Il l’avait bien cernée : il lui suffisait de la menacer d’appeler la police pour dénoncer son intention manifeste de ne pas payer la course pour la réduire au silence. « Ta parole contre la mienne, qui crois-tu qu’ils vont croire ? Maintenant remonte ta jupe, tu veux ? » Elle était paralysée et à contrecoeur elle fit ce qu’il lui demandait. Elle avait encore l’espoir de s’en tirer avec des caresses et elle rationalisa en se disant qu’il était vraiment doué dans ce domaine et que ce qui n’était pas désagréable.

Et c’est vrai qu’il était doué. Il avait une main sur un de ses seins et l’autre entre ses jambes et elle commençait à sentir la chaleur monter à cet endroit. Elle devenait moite et il le sentait, parce qu’il fit un commentaire à ce sujet, qui la fit rougir. « Enlève ta culotte, elle est trempée ». Elle eu honte que son corps réagisse positivement à ces caresses alors qu’elle était contrainte de les recevoir, elle s’exécuta sans broncher en priant pour que les caresses se terminent rapidement. Mais les caresses se firent plus pressantes au fil des minutes, et plus appuyées, si bien qu’elle se retrouva complètement allongée sur la banquette tandis qu’il était presque sur elle. Et malgré sa honte elle éprouvait un plaisir certain pour ce traitement, son corps alcoolisé réagissait et elle commençait à s’abandonner doucement.

Elle ne l’entendit pas défaire sa braguette, elle ne se rendit compte qu’il l’avait fait qu’au moment où il s’allongea complètement sur elle en appuyant sa virilité à l’entrée de son vagin.
– Non, ça va trop loin, stop maintenant » cria-t-elle en le repoussant comme elle pouvait. Mais il était trop lourd, trop fort. Elle était piégée. Il saisit ses poignets et s’appuya encore plus, s’enfonçant légèrement en elle. « Tu ne peux pas jouer les allumeuses et ne pas aller jusqu’au bout, cocotte ! Tout ton corps me dit que tu en veux.
– Je risque de tomber enceinte, il faut mettre un préservatif » supplia-t-elle.
– J’en ai pas, et ce n’est pas mon problème », lui répondit-il en s’enfonçant complètement.

Elle le sentit la remplir entièrement et en eu des frissons. C’était une sensation qu’elle avait oublié, étant célibataire depuis si longtemps, mais c’était la chose la plus agréable qui soit. Elle ne réfléchissait plus, elle ne pensait plus à la honte, c’était son corps qui parlait et il en voulait encore. Elle avait arrêté de lutter contre cet homme. Elle l’accompagnait maintenant dans ses mouvements alors qu’un orgasme puissant montait en elle. Elle le sentit s’abandonner dans un dernier coup de reins, alors qu’elle avait enroulé ses jambes autour de sa taille pour qu’il ne puisse pas se retirer.

Dix minutes plus tard, le taxi l’avait ramené chez elle. Plus tard, dans son lit, elle se repasserait les événements de la soirée. Elle avait été naïve et imprudente, mais elle sentait encore la chaleur agréable dans son entrejambe.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s