Promotion canapé

Elle l’avait su par la voisine : tous les jours c’était un défilé constant de femmes, jeunes et moins jeunes. D’après elle Monsieur le Maire était un adepte actif de la promotion canapé, il recevait ces dames dans sa grande maison d’une ville de taille moyenne de la région parisienne, l’une après l’autre, comme un ouvrier resserre les boulons d’une chaîne de montage. A la chaîne.

Monique, journaliste aguerrie, observait sa maison depuis des semaines pour confirmer cette rumeur. Elle travaillait au journal local et, contrairement à ses collègues, ne se contentait pas d’un bruit de couloir pour publier un article. Elle menait des enquêtes comme un vrai détective privé et fournissait à sa rédaction un travail digne d’un journaliste du New York Times.

Aujourd’hui était une journée calme. Il était déjà 21h00 et seule une femme s’était présenté à la porte de la grande maison. Monique était curieuse, et regarder depuis le coin de la rue ne lui suffisait plus et l’occasion était trop belle. Elle devait savoir si la rumeur était fondée. Que faisaient toutes ces femmes ? Il fallait qu’elle en ait le coeur net, qu’elle s’assure que toutes ces visites n’étaient pas platoniques. Elle marcha le plus naturellement du monde vers la grande maison et, arrivée à hauteur du jardin, coupa à travers la pelouse pour trouver un point de vue pratique : derrière un petit buisson, pour ne pas être vue depuis la rue, et juste à hauteur d’une petite fenêtre qui donnait sur ce qui avait tout l’air d’être un salon richement meublé.

Eh béé, il gagne bien sa vie, le maire ! se dit-elle.

Elle était en train d’évaluer mentalement le coût du mobilier Louis XV quand elle vit le Maire et sa compagne du jour dans un coin du salon, un peu à l’écart. Elle était assise dans un fauteuil art-déco en cuir caramel qui tranchait avec le style vieille France du reste du salon. Il était assis sur un tabouret en face d’elle et se livrait à un étrange rituel : la femme avait levé la jambe droite (la même que sa couleur politique) dans sa direction et il avait tout l’air de respirer les effluves émanant de son pied encore chaussé d’un délicat escarpin noir, tout en lui massant le mollet distraitement.

Monique dû se frotter les yeux pour vérifier qu’elle n’avait pas la berlue. Pas étonnant que les adeptes de la promotion canapé soient si nombreuses : visiblement il suffisait de laisser Monsieur le Maire fantasmer sur son pied droit. Rien de bien méchant ! Elle sorti son téléphone portable pour faire quelques clichés, indispensables pour se défendre en cas de procès en diffamation, et cadra avec soin la scène à laquelle elle assistait en déclenchant la prise de photos à intervalles réguliers. Monsieur le Maire avait retiré l’escarpin de la dame et semblait se masser la joue avec, un peu comme les mannequins posant avec un vibromasseur dans le catalogue de la redoute au siècle dernier, se remémora Monique.

Décidément, les politiques sont tordus, pensa Monique en ajustant la prise de vue. Le Maire était en train de retirer le bas de la femme avec une lenteur calculée, on sentait l’expérience du terrain ! Il le renifla longuement, puis s’empressa de le mettre dans sa poche et lécha avidement le pied désormais nu. Autant que pouvait le voir Monique, le premier magistrat de la ville avait sorti son sexe de son pantalon et se masturbait frénétiquement en même temps qu’il suçait le gros orteil de sa subordonnée. Le sperme arriva vite et ce n’était guère étonnant, Monsieur le Maire était toujours en tête : de liste, des sondages… premier partout, dans l’intimité aussi. Il éjacula dans l’escarpin noir posé sur le sol, Monique immortalisa l’instant avec son smartphone. Elle croyait avoir tout vu et se préparait à battre discrètement en retraite, mais ce qu’elle vit ensuite la scotcha sur place quelques instants. Le Maire rechaussa la dame avec l’escarpin souillé, elle se leva, et il la raccompagna aussi naturellement que s’ils sortaient d’une séance de travail quelconque sur les rythmes scolaires.

Quelques minutes plus tard, Monique était de nouveau au coin de la rue, encore choquée. Elle aurait pourtant cru avoir tout vu dans sa carrière mais les perversions des hommes politiques étaient sans bornes… A quelques mètres d’elle une femme marchait dans sa direction, une jambe nue et l’autre habillée d’un bas couleur chair. Quand Monique la croisa, elle entendit les squish-squish du sperme encore humide qui frottait sur la semelle intérieure en cuir de son escarpin droit à chaque pas qu’elle faisait.

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Illustration : mine-aux-torts
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