Miss France

Elle le voulait, ce titre, et elle ferait ce qu’il faut pour l’obtenir. Tout ce qu’il faut. Elle avait commencé tôt son travail de lobbying en se disant qu’il était dommage qu’Alain Delon ne fût pas jury cette année ; elle aurait beaucoup aimé le travailler au corps. Non, cette année il n’y avait que du menu fretin, du second choix et même du rebut. Elle avait déterminé qu’il fallait concentrer ses efforts sur le chanteur canadien. Son charisme, sa voix éraillée, c’était l’assurance que c’est lui qui influencerait ses pairs.Elle avait été en vacances au Canada il y a plusieurs mois de cela, l’occasion d’approcher celui qu’elle appelait le « mâle alpha » du jury. Maintenant de retour en France et à quelques jours de l’élection, elle s’apprêtait à donner tout ce qu’elle avait pour soutirer l’adhésion du président du jury.

Elle sonna à la porte de son hôtel armée d’une assiette de poutine. Le chemin vers le vote d’un homme passe par son estomac, lui avait enseigné sa mère, une ancienne miss qui avait l’expérience de ce genre d’opérations de séduction grâce auxquelles elle avait remporté plusieurs titres dans sa jeunesse, de Miss Camping à Miss Côte d’Azur. Elle n’était jamais monté plus haut, incapable qu’elle avait été de séduire le président du jury de 1987, il faut dire que le bruit courait à l’époque qu’il n’était pas très porté sur la gente féminine, elle avait pris son échec pour une confirmation de la rumeur. Depuis, elle reportait ses espoirs déçus sur sa fille.

Il lui ouvrit en peignoir, sans doute attendait-il le service de chambre. En jury intègre il allait protester quand ses yeux se posèrent sur l’assiette qu’elle avait dans la main, la miss régionale loua à cet instant les bons conseils de sa mère. Il la fit entrer dans la chambre et s’assit pour manger : la poutine n’attend pas. La belle continua sur sa lancée, elle profita que le chanteur avait la bouche pleine et s’agenouilla pour lui prodiguer un massage ciblé. Elle ne su pas si c’était la poutine ou sa main qui lui faisait de l’effet, mais peu importait. Ce qui compte c’est le résultat, comme sa mère aimait à le répéter. Elle y mettait toute son âme, et bientôt sa bouche vint remplacer sa main. Par petits coups de langues et succions appliquées, elle se donnait les moyens de ses aspirations.

Le chanteur canadien grognait de plaisir entre chaque léchouille, ou était-ce entre chaque bouchée ? Non, il avait terminé son assiette. Bien, pensa-t-elle. Entre l’afflux sanguin dans son entrejambe et les nécessités biologiques de la digestion, il ne peut plus réfléchir. Elle en eu la confirmation quand elle sentit qu’il relevait sa mini jupe sur ses hanches. Mais il arrivait encore à parler.

– Sié ti’ fèè la brouuuèt’ de Tooraaonto j’t’âaaseuuur’ un’ plaèèce en f’naâl’

Elle avait pourtant fait des recherches, mais elle n’avait jamais entendu parler de la brouette de Toronto. Elle lui avoua son inculture, et de sa voix éraillée il lui rétorqua :

– j’vaais t’maaaontrer, tabernacl’

Il se mit debout, lui attrapa les chevilles et les leva bien haut. Elle se retrouva le nez par terre, essayant de se relever tant bien que mal avec les mains. Mais il ne la lâchait pas, il la tenait maintenant par les genoux, et la pénétra d’une traite.
Comment ne s’est-il pas évanoui à se lever si vite alors que tout son sang est occupé à gonfler son membre impressionnant ? pensa-t-elle, admirative. Il l’astiquait comme un joueur de curling, d’une manière qu’elle ne trouvait pas désagréable. Après quelques minutes, il lança.

– T’vaaas gaaaouter mon siraauo d’aèèrabl’

Entre la voix éraillée et l’accent bizarre de sa contrée lointaine mais pourtant dépourvue d’exotisme, elle avait du mal à comprendre ce qu’il racontait. C’est quand il lâcha ses genoux qui retombèrent lourdement sur le sol qu’elle comprit qu’il voulait jouir dans sa bouche. Elle se remit à genoux, se retourna vers lui et ouvrit grand, attendant la giclée. Enfin il lui fit une promesse, celle qu’elle espérait depuis qu’elle était entrée dans la chambre un peu plus tôt, une poutine à la main :

– Sié t’âaaval’ j’t’âaaseuuur’ loaa v’ctooâaar’

Sa semence n’avait pas exactement le goût du sirop d’érable mais elle l’avala jusqu’à la dernière goutte et avec le sourire.

Maman sera si fière de moi, pensa-t-elle en quittant la chambre du crooner.

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