Revisitons le petit chaperon rouge

Il était une fois, dans une banlieue reculée, une grande fille qui vivait seule avec sa maman. Cette grande fille, qui s’appelait Juliette, était fan absolue de l’humoriste Anne Roumanoff à un point tel qu’elle en avait adopté le style vestimentaire. Un beau jour, sa mère, qui avait postulé au dernier concours du meilleur pâtissier sur M6, lui dit :

— Va porter ce délicieux Paris-Redon revisité ainsi que cette brioche vendéenne aux accents du Sud aromatisée au citrus à ta grand-mère. Tu lui diras que je suis partie sur une note d’agrumes pour donner une pointe d’acidité à l’ensemble, ceci afin d’en faciliter la digestion.

— D’accord, dit — sans vraiment l’écouter — Juliette, qui malgré ses trente ans révolus vivotait toujours aux crochets de la pâtissière amateur.

Toujours sourde aux paroles de sa mère qui divaguait maintenant au sujet d’un loup et d’un chemin à éviter, elle se dirigea vers la forêt, trop contente d’échapper enfin aux odeurs de caramel et de crème de pistache qui semblaient irrémédiablement imprégner les murs du HLM de banlieue.

Elle aimait bien aller chez sa grand-mère parce qu’elle la laissait regarder la télévision pendant sa sieste et qu’elle ne parlait pas trop et surtout pas de pâtisserie, aussi emprunta-t-elle le chemin le plus court pour arriver à destination au plus vite : celui que lui avait déconseillé sa mère et qui passait par le centre de la forêt. En chemin, elle y croisa Jean-Loup, un jeune militant écologiste qui occupait un arbre centenaire pour attirer l’attention de tous sur l’urgence qu’il y avait à sauver la nature.

— Qu’est-ce que c’est que cette teinture de cheveux ? lui lança-t-il, apparemment indigné. Combien d’animaux on a tués pour mettre une telle ignominie sur le marché ?

— Ta gueule, beatnik, j’m’en vais chez ma grand-mère jouer aux jeux vidéos, et ch’t’emmerde. Retourne dans ton arbre !

— Salope, tu vas voir si j’descends ! Tu paies rien pour attendre !

Juliette n’était pas seulement mal coiffée, elle était aussi idiote. Aussi ne put-elle s’empêcher de donner des précisions au jeune écervelé.

— Même pas peur Ducon ! J’vais dans la maison à la lisière de la forêt à un kilomètre vers le sud, et j’t’emmerde !

Elle continua son chemin en toute insouciance, laissant le jeune Jean-Loup dans une rage folle qui lui donnait un début d’érection. Le conflit avait toujours eu cet effet-là sur lui. Tout en se laissant glisser avec beaucoup de précautions le long du tronc lisse, il marmonnait qu’il n’allait certainement pas en rester là. La prise de bec avait ouvert l’appétit de la jeune femme, qui s’assit sous un arbre pour entamer la brioche vendéenne. Toute à sa faim, elle ne vit pas le jeune beatnik qui marchait un peu plus loin d’un pas décidé. Finalement repue, elle continua son trajet, arriva chez sa grand-mère et sonna à la porte qui s’ouvrit presque aussitôt sur une main en forme de serre qui se saisit de son panier.

— Qu’est-ce qu’elle m’a fait porter cette semaine, ton incapable de mère ? dit la mémé en robe de chambre en en inspectant le contenu.

— Un Paris rond et une Vendéenne visitée par six Turcs, répondit la jeune écervelée qui tentait de se souvenir des détails d’un air très concentré.

— Encore du charabia compliqué pour désigner un simple gâteau, c’est bien ta mère ! aboya la vieille femme en se dirigeant vers sa chambre avec le panier. Pose-toi donc devant la télé, je vais faire ma sieste.

Et elle claqua la porte derrière elle et Juliette allait se poser sur le canapé quand elle entendit la porte d’entrée grincer. C’était le jeune Jean-Loup, dont la colère n’était pas retombée.

— Ha, on fait moins la maligne, hein ! s’écria-t-il sur un ton triomphant.

— De quoi tu parles, beatnik ? Qu’est-ce que tu fous là ? s’étonna Juliette.

— J’fous là qu’tu m’as énervée, petite salope, gueula l’échevelé en avançant vers elle.

— Ah, lâche-moi, tu veux ! siffla-t-elle en reculant.

— Pas question ! J’vais t’fesser comme la sale gamine que t’es !

— C’est ton idée d’une punition ? dit-elle pleine de défi. Mais c’est qu’j’aime ça, moi, les fessées, p’tit con !

Jean-Loup était écarlate de colère, et son pantalon peinait à contenir son érection. Il poussa Juliette à la renverse sur le canapé du petit salon de mémé, lui arrachant un cri de surprise.

— Ah, t’aime-ça les fessées ? Bin tu vas en avoir !

Il se rua sur elle et la retourna sur le ventre avant de remonter sa robe rouge sur la tête, découvrant une culotte Hello Kitty du plus bel effet sur laquelle il frappa d’un coup sec.

— Oui, encore, encore ! brailla Juliette, pleine d’enthousiasme.

De rage, le beatnik échevelé baissa sa culotte et frappa encore plus fort dans l’espoir de la corriger. Des bruits de claquements emplirent la pièce et se mêlèrent aux ronflements qui émanaient de la chambre de la grand-mère. Il n’en pouvait plus, Jean-Loup, il fallait qu’il soulage cette colère, qu’il l’expulse. Il attrapa la jeune conne masochiste par les chevilles et se positionna entre ses cuisses. Le bouton de son treillis militaire crasseux sauta presque tout seul et son vit se retrouva libéré et dressé fièrement tel le glaive de la justice. Il embrocha la provocatrice dont le con était humide d’excitation jusqu’à la garde et poussa un cri de satisfaction.

— Ha ! Voilà pour toi, sale garce !

— C’est tout c’que t’a ? Y’a pas d’quoi être fier ! J’en ai connu de plus charnues, c’est l’moins qu’on puisse dire !

— Ta gueule, hurla Jean-Loup qui faisait de grands va-et-vient d’un air concentré en la tenant fermement par les hanches.

— Oh, bin si on peut même pu causer, où va l’monde, j’te l’demande !

— Tu vas la fermer, oui ?!

Il la gratifia d’une gifle, qu’elle accueillit avec un petit gloussement satisfait, avant de reprendre ses mouvements de hanches amples et réguliers en poussant des grognements de plus en plus sonores.

— Ca vient, ça vient ! fit-il presque implorant.

— Ah, ben tant mieux, j’ai pas qu’ça à faire, moi !

Une autre gifle fusa pour le plus grand plaisir de Juliette, et Jean-Loup sentit partir sa colère en un jet aussi puissant qu’odorant.

— Voilà, connasse ! T’as ton compte, s’écria-t-il, satisfait.

— Ouais, ouais, c’est ça !

Il se retira, laissant une trainée blanchâtre sur le canapé de la grand-mère, et se rhabilla à la hâte pour retourner au plus vite à son arbre avant que les ennemis de la nature ne profitent de son absence pour l’abattre.

— No pasaran ! cria-t-il le poing levé en passant la porte d’entrée.

— Qu’est-ce qui se passe ? fit une voix endormie dans la pièce voisine.

— Rendors-toi mémé, c’est juste la tévée, glapit Juliette en rajustant sa robe tachée par endroits de la colère du jeune écologiste.

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