Un élan vital

Le bar était plongé dans la pénombre, le dernier client venait de partir. Derrière le comptoir, Jeannine rangeait les verres tandis que Jean passait un coup de balai. Ils profitaient de ce moment de calme pour siroter tranquillement une bouteille de vin à peine entamée. L’alcool commençait à monter à la tête de Jean qui n’avait pas l’habitude de boire, sachant trop ce que cette habitude avait comme effet sur ses clients réguliers. Ce soir était une exception : il avait besoin d’un petit remontant. Son chat était mort quelques jours plus tôt. Depuis, la perspective de sa propre mort le hantait, et il se demandait sans cesse quand elle viendrait le cueillir et, surtout, comment… Souffrirait-il comme son vieil oncle emporté par le cancer ? Ne se rendrait-il compte de rien comme il l’espérait sans y croire ?

Ces peurs, mélangées à l’alcool, firent monter en lui une envie pressante de vie. Son entrejambe chauffait agréablement et il commençait à voir Jeannine d’un autre œil. Il avait toujours été seul et ce soir encore, il rentrerait dans son petit appartement vide. Le jour où il quitterait cette terre, il ne laisserait rien derrière lui. Absolument rien. C’est cela qui l’effrayait plus que tout. Son balai passa entre les jambes de Jeannine qui les écarta machinalement pour faciliter le travail de son collègue. Ce simple geste eut sur Jean un effet inattendu. Il laissa tomber le balai sans trop comprendre ce qui lui arrivait, et se colla au dos de Jeannine, prenant le temps de sentir le parfum d’amande douce qu’exhalaient ses cheveux blonds. Elle se figea un instant, et quand il posa les mains sur ses hanches, elle lâcha les verres qui tombèrent bruyamment dans l’évier.

Jean était comme habité. Son membre durcissait et il sentait le sang y affluer à chaque battement de cœur, il ressentait un besoin impérieux qu’il lui fallait combler sur le champ. Jeannine était là, entre ses mains, et elle ne bougeait pas. A peine avait-elle reculé d’un pas ce qui n’avait fait que plaquer ses fesses contre la virilité de Jean. Avec des gestes précis et rapides, il souleva la jupe de sa collègue et lui écarta la culotte puis il défit sa braguette, libérant son sexe et le plongeant avec empressement dans celui de Jeannine, qui se baissa sur le plan de travail pour ne pas perdre l’équilibre. Jean haletait, Jeannine gémissait en poussant ses fesses contre lui. Il la prit par les épaules pour s’enfoncer plus profondément en elle et s’y oublier, assouvissant ainsi son désir de triompher, au moins momentanément, de la mort. Ce soir, il venait de prouver qu’il était bien vivant.

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