Colocation

Depuis qu’il avait emménagé dans l’appartement, il n’avait cessé d’ignorer ses avances, ce qui était une situation inhabituelle autant que frustrante pour Cindy qui n’avait toujours eu qu’à se baisser pour ramasser les prétendants à la pelle. Comment était-il possible que lui ne l’ait toujours pas remarquée ? Il était arrivé dans la colocation trois mois plus tôt et (à son grand dam) tous les efforts de Cindy pour l’aguicher s’étaient soldés par des échecs cuisants. Il ne l’avait pas reluquée quand elle était sortie de la douche avec une minuscule serviette qui cachait à peine sa lourde poitrine. Il n’avait pas plus attardé son regard sur son postérieur quand, vêtue d’une très courte nuisette, elle s’était baissée plus que de raison pour aller chercher un yaourt zéro pour cent dans le fond de son frigidaire. Pour finir, il n’avait même pas levé un sourcil quand elle lui avait fait remarquer que Minouche, sa petite chatte, avait très faim. Vraiment, c’en était trop pour la jeune trentenaire ! Il fallait qu’elle prenne sa revanche, il fallait que, d’une manière ou d’une autre, elle le mette dans son lit.

Cindy avait donc échafaudé un plan qu’elle tenait de son meilleur faire-valoir qui, faute d’avoir le physique pour attirer les prétendants, avait développé d’autres stratégies pour en prendre dans ses filets. Elle avait passé l’après-midi derrière les fourneaux pour préparer au colocataire réfractaire son plat préféré : un hamburger qu’elle avait assaisonné d’un ketchup « maison » qu’elle avait légèrement arrangé avec quelques cachets d’un puissant somnifère. Si le colocataire n’avait toujours pas eu d’yeux pour Cindy, il s’était en revanche délecté de cette spécialité des Amériques qu’il n’avait pas hésité à noyer dans une double ration du fameux ketchup. Et puis, repu, il s’était assoupi dans le canapé du salon, et elle l’avait regardé un moment pour apprécier son triomphe à venir. Cet homme qui n’avait manifestement aucun goût, preuve en était qu’il la dédaignait tout en vouant une adoration sans borne à une sauce tomate sucrée et vinaigrée, était enfin à lui ; aussi docile que tous les autres hommes qu’elle avait régulièrement l’occasion d’enrouler autour de son petit doigt.

Après avoir débarrassé la table et jeté le reste du ketchup qui insupportait son odorat (et puis il fallait bien effacer les preuves de son forfait) elle retourna auprès de son colocataire, lui défit sa braguette et libéra son membre flaccide. Puis elle s’assit et attendit. Elle avait une certaine fierté, elle voulait qu’il durcisse seul, sans qu’elle ait à fournir d’effort, de sorte qu’elle pourrait se dire qu’il l’avait désirée ; elle avait étudié le sujet et savait qu’un homme en phase de sommeil paradoxal a toujours une tumescence pénienne. A partir du moment où elle débuterait Cindy aurait une vingtaine de minutes pour profiter de sa proie, cela faisait une petite demi-heure qu’il s’était assoupi, elle n’aurait plus longtemps à attendre.

Effectivement, assez vite, le sexe de son colocataire se mit à gonfler et à se tendre. Il prit une taille et une consistance plus au goût de Cindy qui s’empressa de soulever sa jupe et d’ôter son tanga léopard avant de s’assoir à califourchon sur le colocataire endormi, enserrant son membre entre ses grandes lèvres déjà humides d’excitation. Elle resta un moment ainsi, appréciant la sensation du membre qui continuait à grossir et durcir et fit de petits va et viens pour le lubrifier. Puis quand elle le jugea « à point », elle leva les fesses, le saisit d’une main avide et l’engouffra dans son vagin dégoulinant de luxure. La sensation qu’elle ressentit suffit presque à la faire jouir sur le champ : enfin, elle possédait cet homme qui la fuyait. Enfin, il était pleinement à elle ; en elle. Il ronfla brièvement, d’une façon que Cindy trouva charmante, mais ne se réveilla pas. Elle s’attarda sur son torse, passa les mains sous sa chemise et lui palpa les pectoraux. Ils étaient aussi fermes qu’elle l’avait imaginé ; elle se mit à onduler des hanches, d’abord doucement puis de plus en plus amplement, tout en lui pétrissant énergiquement le torse.

Cindy était résolue à tout obtenir de cet homme. Depuis quelque temps déjà elle cherchait à devenir mère, mais aucun de ses prétendants ne s’était montré à la hauteur. Sans trop savoir pourquoi, elle voyait en ce colocataire réfractaire toutes les qualités d’un bon reproducteur. Elle n’avait que quelques minutes pour parvenir à ses fins, il ne fallait pas trainer. Sa respiration se faisait haletante en même temps que sa chevauchée s’accélérait et, alors qu’elle sentit le jet fertile de son étalon envahir son antre accueillant, un orgasme la balaya. Elle resta un moment ainsi pour reprendre son souffle et ses esprits. Avant de s’arracher au sexe amollissant, elle déposa un baiser sur les lèvres de son colocataire. Elle avait gagné, elle l’avait eu, et dans quelques semaines elle saurait si elle avait tout eu.

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2 réponses à “Colocation

    • Les femmes sont loin d’être des petits êtres sans défense pétris de bonté et de compassion 😉

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