Perversion

Dans la solitude de sa chambre d’hôtel, il se caressait négligemment. Sur le poste de télévision, les mines étaient déconfites et chez certains, même, des larmes coulaient, impudiques, le long des joues rouges et rebondies. Pas besoin de mettre le son pour savoir de quoi il retournait et pas besoin d’entendre les jérémiades pour apprécier le show.

Un tel spectacle avait toujours suscité chez lui une certaine forme d’extase, mais c’était la première fois que le plaisir était si présent qu’il en avait eu une petite érection. Avec le recul qu’offrait l’abstention, il avait eu une espèce de révélation : tout ce cirque ressemblait fort à un mauvais film pornographique. Un immense gang-bang dont l’individu était la petite salope que tout le monde souillait à grand renfort de sentiments dévoyés.

Et ce qui changeait cette année, c’était le visage du mal désigné : une jolie blonde aux mimiques quasi sexuelles que tous souillaient sans retenue. Devant le poste, il allait y aller de sa souillure, lui aussi, tant l’excitation montait en lui. Pas seulement sur la jolie blonde, non. Sur eux tous.

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