Business is business

Les temps avaient été difficiles, et elle avait dû se résoudre à des sacrifices. Elle avait renoncé aux séances de shopping entre copines et portait maintenant ses vêtements plus de deux saisons entières. Adieu aussi les séances de cinéma pour s’évader un peu du quotidien, dernièrement elle avait dû se résoudre à pirater « 50 nuances de Grey » pour rêver un peu. De même, les sorties au restaurant n’étaient plus qu’un lointain souvenir. Bien sûr, elle aurait pu trouver un travail de bureau à mi-temps pour améliorer l’ordinaire, mais elle ne supportait pas ne serait-ce que l’idée de l’autorité malsaine que ne manquerait pas d’exercer sur elle un chefaillon zélé. Alors elle avait réduit ses dépenses comme elle le pouvait, le temps que son homme retrouve un travail. Mais il était une chose qu’elle n’avait pas réussi à réfréner… parce que plus qu’une passion c’était un besoin, autant pour elle que pour sa moitié : la lingerie fine à la mode. Si elle faisait l’économie de soutiens-gorge grâce à ses bonnets B rebondis qu’elle aimait sentir libres de toute contrainte physique, elle ne réfrénait pas ses achats de tangas en dentelle, de shorties en coton et de string colorés en lycra. Il les lui fallait tous, ne serait-ce que pour une semaine. Un besoin dévorant qu’il fallait financer.

C’est par hasard qu’elle avait trouvé le moyen de le faire. Un moyen pratique, simple, peu contraignant et qui avait en plus l’avantage de libérer ses tiroirs des « vieilleries » au fur et à mesure. Ses petites culottes, elle les vendait au plus offrant sur un site d’enchères bien connu. Mais pas comme chacun pourrait le penser. Pas comme on revend ses vêtements passés de mode. Non. Elle revendait ses dessous usagés, et surtout non lavés. Les prix étaient variables, portée une seule journée une pièce ne rapportait pas beaucoup, mais pour de jolies culottes en dentelles portées une semaine d’affilée les prix s’envolaient. Elle n’aurait jamais pu imaginer un gagne-pain aussi agréable et facile et comme elle n’était pas idiote elle avait rapidement trouvé le moyen d’optimiser son petit commerce. Certains jours du mois ses sécrétions étaient tellement abondantes qu’elle parvenait à faire passer une culotte portée une seule journée pour une hebdomadaire. Et en cherchant comment pousser la rentabilité encore plus loin, elle-même avait été surprise de voir qu’il y avait même des demandes pour des culottes en coton style « grand-mère » tachées de sang menstruel et pour les bas en nylon qui sentent les pieds !

Elle arrivait à dégager un petit SMIC de ce business au noir et espérait bien augmenter son chiffre d’affaire dans les mois à venir, bientôt elle aurait le plus gros revenu du ménage. Mais l’avantage le plus certain de ce petit commerce, c’est qu’elle n’avait plus besoin de faire autant de lessives qu’auparavant !

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