Bzzz Bzzz Bzzzzz

C’était un petit objet aussi discret qu’efficace que lui avait offert son homme pour son dernier anniversaire, un petit œuf mignon et tout lisse qu’il convenait de glisser dans son intimité avant de l’actionner au moyen d’une petite télécommande assortie. Un petit jouet coquin qui avait su raviver la sexualité déclinante de son couple en même temps que l’esprit potache de son homme, il avait beaucoup apprécié la stimuler avec, toujours à l’improviste, prenant un plaisir manifeste à la surprendre dans les moments les plus incongrus, pendant qu’elle faisait son repassage ou lavait la vaisselle par exemple, si bien qu’elle avait fini par s’en lasser : le gadget était allé rejoindre sa collection de sex-toys oubliés, au fond de son tiroir à culottes.

Mais ce matin là, sans trop savoir pourquoi, Julie l’en avait ressorti, brulant d’envie de l’utiliser à nouveau. Le rêve érotique de la nuit précédente n’y était sans doute pas étranger, à moins que cela ne vînt de son nouveau collègue de travail, pour qui elle éprouvait une attraction aussi animale qu’inexplicable. Son bas ventre frémissait, ne demandant qu’à être stimulé davantage pour qu’une sensation de plaisir monte en elle, et ce petit œuf discret était pile ce qu’il lui fallait. Elle le glissa en place sans difficulté et il se logea au fond de son vagin accueillant. Puis elle laissa la télécommande rose-bonbon bien en évidence sur la table de nuit de son homme et, après l’avoir embrassé chastement, partit au travail. Entre ses mains à elle, l’excitation n’aurait pas été totale, son besoin d’imprévu n’aurait pas été satisfait… elle avait envie de ne rien maitriser. Du tout. A son réveil, son homme ne manquerait pas de remarquer la télécommande et comprendrait ce qu’il avait à faire.

Le trajet jusqu’à la petite entreprise où elle travaillait était long, elle arriva à destination en ayant oublié ses idées lubriques du matin autant que l’hôte en silicone logé profondément en elle. Sa journée se déroula le plus normalement du monde ; son homme, à son réveil, ayant jugé qu’actionner la télécommande n’était pas drôle s’il ne pouvait pas la voir et profiter du résultat de ses stimulations, il l’avait laissée là, sans même y toucher et, à son tour, il était parti au travail. C’est sur le chemin du retour, après une journée bien remplie, dans le RER bondé, qu’elle ressentit, au tréfonds de son vagin, un petit chatouillis discret. Au bout de quelques minutes d’inquiétude, elle finit par se rappeler son geste coquin du matin, et s’étonna alors que son homme n’eût pas actionné le jouet plus tôt.

Logé dans son intimité, l’œuf vibrait de manière aléatoire, tantôt avec une intensité faible, puis tout à coup en puissance maximale, s’arrêtant net ensuite pour reprendre tout à coup avec un autre cycle de vibrations désordonnées. Dans son siège, elle rougit, espérant que personne alentour ne se doutait de ce qui se passait en elle, et réalisant en même temps le fol érotisme de la situation. Plus le temps passait, plus elle était en nage, des spasmes de plaisir qu’elle tentait tant bien que mal de cacher la secouaient, son cœur battait à cent à l’heure et sa respiration se faisait de plus en plus courte. L’œuf n’en finissait plus de vibrer. Au bout d’un moment, son plaisir s’était mué en gêne, elle aurait voulu l’enlever sur le champ, mais c’était impossible… dans le RER bondé, puis la rue très passante, elle ne pouvait trouver aucun coin isolé pour se soulager. En désespoir de cause, elle envoya un texto plaintif à son homme, lui suppliant d’arrêter de jouer avec la télécommande.

« Je ne l’ai pas »
Cette réponse l’avait glacée. Qui donc, alors, s’amusait avec elle ?
Ces stimulations répétées l’avaient épuisée, son cœur battait la chamade et ses jambes avaient du mal à la porter. Elle arriva finalement à destination, seules quelques centaines de mètres la séparaient de sa porte d’entrée et, quand elle l’eut enfin en vue, elle fût soulagée de ne constater aucune trace d’effraction. Elle sentit la pression retomber un peu ; ce n’était plus de la peur qu’elle éprouvait maintenant, mais de la curiosité. L’intimité toujours vibrante, elle ouvrit la porte et découvrit, dans son salon, le coupable de cette interminable et délicieuse torture.

Son chat avait trouvé un nouveau jouet.

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