Revisitons la belle au bois dormant

Armé d’une solide baguette ramassée au hasard dans les sous-bois environnants, Benoît souleva les ronces qui bouchaient l’entrée de la petite maison. Elle semblait avoir toujours été là, incrustée dans un enchevêtrement de plantes grimpantes qui la rendaient à peine visible ; d’ailleurs, il ne l’aurait jamais découverte si, quelques minutes auparavant, un courant aérien imprévu n’y avait pas inopinément projeté son drone. Il aperçut une poignée rongée par la rouille et, se rappelant qu’il était à jour de son vaccin antitétanique, n’hésita pas à l’actionner d’une main ferme et déterminée. La porte ne céda pas tout de suite, cependant ; il dut l’aider un peu d’un bon coup de rangers bien senti et pousser dessus bien fort pour déplacer le corps de l’homme affalé de l’autre côté, qui dormait à poings fermés. Au début, Benoît crut reconnaitre Gérard, le clodo du village, cuvant tranquillement son vin à l’abri des regards réprobateurs, mais très vite il remarqua que d’autres corps endormis jonchaient le sol de l’entrée et, alentour, pas un seul cadavre de bouteille n’était visible. Il se rappela alors avoir croisé Gérard quelques kilomètres plus tôt, déjà bien anesthésié par l’alcool ; ça ne pouvait pas être lui. Du reste, c’était de jeunes hommes curieusement costumés en gardes suisses pontificaux, dont le bleu et le jaune étaient passés depuis bien longtemps.

Etrange, se dit-il.

Il enjamba les trois corps et explora le reste de la masure. Dans le salon, un homme et une femme tous deux d’âge mûr semblaient avoir été frappés du même mal que les jeunes de l’entrée. Elle, dans son fauteuil, assoupie sur ses travaux de tricot rongés par les mites, et lui, assis à table, le nez dans une assiette de soupe dont le contenu avait complètement séché sur place. Bien que le temps semblait s’être arrêté il y a fort longtemps, l’odeur qui se dégageait de cet endroit était curieusement fraîche et les lieux, parfaitement conservés. L’étage était désert, Benoît monta l’escalier qui le séparait du grenier et y découvrit une pièce sombre et poussiéreuse uniquement meublée d’un lit de camp, un pot de chambre, une chaise et un vieux rouet.

Sûrement la pièce où ils ont remisé la grand-mère, se dit Benoît, qui connaissait bien la problématique du manque de places en maison de retraite, en avisant la vieille femme assoupie sur la chaise, la tête tombante. Un filet de salive dégoulinait lentement le long de son menton et venait lui mouiller la poitrine comme l’aurait fait de l’eau s’échappant d’un robinet mal fermé. Une jeune femme était affalée par terre, à ses pieds, une aiguille enfoncée dans le bout de l’index. Ce dernier détail sauta aux yeux de Benoît, qui pensa tout de suite qu’il avait trouvé là le squat des toxicos du coin. Cela expliquait le mauvais entretien du jardin, les corps endormis, les accoutrements bizarres… en fait, cela expliquait tout. Tout… à part le vieux rouet. Il haussa les épaules et chassa cette dernière incohérence de son esprit avant de se pencher sur les deux femmes endormies.

Il tenta de réveiller la vieille en lui secouant les épaules, d’abord doucement puis de plus en plus fort, sans succès. Après avoir asséné quelques gifles à la plus jeune, dans le même but humanitaire, il comprit qu’elles ne se réveilleraient pas de sitôt et ressentit une toute-puissance qu’il n’avait jamais éprouvée. Seul, dans cette petite maison abandonnée, avec ces corps endormis, Benoît entrevit la possibilité de s’amuser un peu. Il se mit à manipuler les deux comateuses pour les figer dans des positions incongrues, prenant le temps de photographier chaque pose avec son téléphone portable.

Modestement, il entreprit de leur faire mettre un doigt dans la bouche, puis lever un bras. Il les coiffa bizarrement, mit le pot de chambre sur la tête de la jeune femme pendant que cette dernière maintenait une bougie dans l’oreille de la vieille ; le temps passant, il s’enhardit, et c’est ainsi qu’au bout d’une petite heure, la jeune se retrouva allongée en travers des cuisses de la vieille, la jupe relevée, tandis qu’une des mains de la grand-mère était maintenue en l’air avec les fils que Benoît avait trouvés sur le rouet, comme si elle s’apprêtait à lui administrer une fessée. Il était très fier de cette dernière mise en scène, qu’il prit longuement en photo, puis il eut une autre idée. Il détacha la main de la vieille et échangea la position des deux femmes. La vieille se retrouva dans la position de la suppliciée, la fesse molle et pendante à la merci de la main menaçante de la jeune femme, plus endormie que jamais. Benoît ne put se retenir, il gifla le jambon de chair offert à sa vue et tira une satisfaction immédiate à la vue du stigmate naissant sur la croupe de la vieille.

Sa marque.

Benoît la regarda de plus près. La peau avait rougi au contact de sa main et la fesse arborait fièrement son empreinte, comme un tatouage hurlant à la face du monde que désormais elle lui appartenait. Il posa sa main dessus, comme pour en vérifier l’authenticité, avant de pétrir longuement la fesse flasque. Les limites de Benoît n’avaient plus de frontières, et son excitation allait crescendo ; il sortit la bougie de la bouche de la jeunette et s’en servit pour caresser la vulve de la vieille. Très vite, cela ne lui suffit plus ; il extirpa de son pantalon son sexe bandé, qu’il lubrifia rapidement d’un rapide crachat avant de l’empaler directement dans la vieille comateuse puis, la tenant fermement par les hanches, entama une cavalcade effrénée. Sur les genoux de la jeune droguée, le corps de la vieille bougeait comme un pantin désarticulé ; Benoît la souleva sans peine et la promena à travers la pièce, s’en servant comme d’une manche à sexe, jusqu’au petit lit qui se mit à grincer quand ils vinrent s’y écraser. Bramant, les yeux exorbités, il termina sa chevauchée sauvage en se vidant dans le corps inerte de la vieille.

Il s’essuya le sexe et se rajusta, puis regarda sa victime, que cette sauvagerie n’avait pas réussi à réveiller. La grand-mère était face contre le matelas, les hanches, rigidifiées par l’arthrite, relevaient ses fesses bien haut comme si elle en demandait encore. Comme pour répondre à son appel muet, Benoît se saisit de la bougie et y enfonça un bon tiers avant de quitter les lieux en se promettant d’y revenir très bientôt.

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