Le voisin

Nadine l’avait tout d’abord croisé dans le hall de son immeuble alors qu’il soulevait, seul et à mains nues, un meuble lourd et imposant. A cette occasion, elle avait tout de suite remarqué les muscles bandés de son torse et de ses bras, moulés par son T-shirt, ainsi que l’odeur âcre dégagée par les auréoles sous ses aisselles, et elle était immédiatement tombée sous le charme. Depuis ce moment, quand elle sentait son odeur dans les parties communes, cette odeur sans nulle autre pareille qu’elle avait reniflée pour la première fois ce jour-là, alors qu’il emménageait sur son palier, son vagin se retournait dans son bas-ventre, comme pour lui intimer l’ordre de sonner chez lui, sous n’importe quel prétexte, et qu’il saurait se charger du reste.

Au début, elle avait été sourde à ses demandes répétées et impérieuses ; non par paresse, mais par vanité : elle était certaine que, de son côté, son voisin l’avait remarquée, et que dans son caleçon à lui se jouait la même scène que dans sa culotte à elle. Comment ne pouvait-il pas avoir succombé au premier regard à son joli minois de « girl next door » ? C’était inconcevable pour elle, elle en avait conclu qu’il ne manquerait pas de sonner à sa porte. Et pourtant, les jours passaient et il n’en finissait pas de ne pas se manifester… alors elle avait commencé à donner du crédit à la voix émanant de sa caverne intime et, elle avait fini par céder à ses supplications. Elle avait traversé le palier, un petit récipient quelconque à la main, et avait sonné chez lui.

— Oui ? Qui est là ?, entendit-elle râler à travers la porte close.

Quel affront ! pensa-t-elle. Ne se doute-t-il pas que c’est moi ? N’attend-il pas ma visite avec fébrilité ? Pourquoi ne se précipite-t-il pas pour m’ouvrir ? Elle eut quelques secondes de déception, puis se reprit. Il doit être en train de gagner du temps pour se refaire une beauté ou pour ranger sommairement son appartement avant de me laisser entrer, se rassura-t-elle en appuyant une nouvelle fois sur la sonnette, avec un peu plus d’insistance.

— Oui, oui, ça vient !, réagit le voisin de l’autre côté de la cloison, sur un ton visiblement agacé.

La porte s’ouvrit brusquement pour laisser place à une montagne de muscles surplombée d’une tête proportionnellement minuscule et presque cramoisie, dont le front était perlé de transpiration. Un nuage invisible mais odoriférant l’accompagnait, qui fit chavirer une nouvelle fois le vagin de Nadine. Le voisin était plus que jamais à son goût, et l’expression énervée qu’il arborait le rendait encore plus désirable.

— Qu’est ce que c’est ?, aboya-t-il.

— Bonjour, je suis votre voisine de palier. On peut se tutoyer, n’est-ce pas ?

Le voisin émit un grognement qu’elle trouva charmant et l’encouragea à continuer :

— Je suis à court de sucre, je viens te demander si tu ne pourrais pas me dépanner.

Le voisin disparut dans sa cuisine et revient une courte minute plus tard avec un paquet de sucre qu’il lui tendit. Dès qu’elle s’en fût saisi, il lui ferma la porte au nez. Cette déconvenue donna à Nadine la détermination qui lui manquait. Ce guerrier réfractaire, il le lui fallait ! Avec un aplomb nourri de la colère qui émanant de son vagin frustré, elle sonna à nouveau, et cette fois la porte s’ouvrit aussitôt. Elle s’imagina sonner indéfiniment à cette porte pour des prétextes bidons sans jamais qu’il ne comprenne son manège et décida de jouer la franchise :

— Et sinon, tu veux baiser ?, énonça-t-elle lentement, avec un regard appuyé.

Il la regarda de haut en bas, en s’arrêtant sur sa poitrine, qu’elle prit soin de bien bomber pour maximiser ses chances d’une réponse positive, et grogna :

— Mouais.

La porte s’ouvrit davantage et Nadine s’engouffra sans attendre dans l’entrée, qui donnait directement sur un salon que son voisin s’était donné du mal à aménager pour vivre à fond sa passion : la musculation.

— Wow, j’adooore ta déco !, commenta-t-elle, admirative de la manière dont il avait recréé, dans son salon, l’ambiance du Moving où elle avait certaines habitudes.

— Ouais, moi aussi, se contenta-t-il de répondre.

Nadine ne perdait pas de temps, elle avait déjà enlevé son haut et allait, torse nu, d’une machine à l’autre pour tout essayer. C’est quand elle s’allongea sur le banc de musculation que son voisin sortit de son mutisme :

— Reste là dessus !, ordonna-t-il en se faufilant hors de son pantalon de jogging.

Ses testicules miniatures témoignaient de son amour pour les anabolisants, mais Nadine fût rassurée par la vue de son sexe, de bonne taille et en voie de durcissement ; son vagin suintait de désir et laissa s’échapper quelques gouttes de cyprine, qui vinrent couler le long des grandes lèvres jusque sur le similicuir noir.

— Au fait, tu t’appelles comment ?, s’enquit Nadine qui, soulagée de voir qu’elle allait enfin obtenir ce qu’elle voulait, trouvait maintenant le temps pour les formalités d’usage.

— Adam.

— Comme le premier homme ?, s’enthousiasma-t-elle. Comme c’est excitant !

— Nan, comme Musclor, précisa-t-il en saisissant les genoux de Nadine pour la glisser sans effort jusqu’au bord du banc, grâce à la flaque lubrifiante qui s’était formée là.

Il plaça les chevilles de sa voisine sur ses épaules et lui saisit fermement les hanches, puis la pénétra complètement d’un violent coup de rein sans autre forme de cérémonie.

— Moi, c’est Nadine, soupira-t-elle d’aise en appréciant la sensation de remplissage que lui procurait le sexe demi-dur de Musclor.

Le voisin ne réagit pas et commença à faire d’amples mouvements de va et viens, la tête levée vers le plafond et les yeux fermés, en ânonnant :

— Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Sept…

A chaque chiffre prononcé, son gland venait se fracasser contre le fond du vagin de Nadine tandis que les seins de cette dernière faisaient un saut impressionnant vers l’arrière avant de revenir tout aussi brutalement à leur place initiale. Et à chaque dizaine son sexe durcissait, amplifiant les sensations de Nadine.

— Quatre-vingt-dix-huit. Quatre-vingt-dix-neuf. Cent.

Il fit une pause, le vit logé profondément dans sa machine à travailler les fessiers improvisée, et souffla à plusieurs reprises avant de s’en extraire pour retourner Nadine comme une crêpe. Elle était haletante et — malgré les façons brutales de son voisin — au bord de l’orgasme. A plat ventre sur le banc, les pieds appuyés par terre, elle souleva ses hanches et offrit ses fesses à Musclor qui, le membre maintenant dur comme du béton, se mit en position pour aborder le palier suivant de sa session d’entrainement. Il visa la petite rondelle de peau plissée entre les deux fessiers fermes et luisants de Nadine et ferma les yeux.

Ce palier-là était plus difficile que le précédent. Il dut forcer pour s’introduire de quelques millimètres dans l’orifice récalcitrant, avant que sa voisine ne l’aide en relâchant ses sphincters, avide qu’elle était qu’il s’y engouffre totalement.

— Un… deux… trois…

Les efforts d’Adam étaient intenses, et le comptage se fit plus lent que précédemment. Le frottement des parois intimes de Nadine contre son membre massif commença à lui procurer plus de plaisir que de labeur, il se mit à haleter de concert avec sa voisine et son comptage se fit approximatif :

— Quarante-trois… Quarante-quatre… Quarante-deux… Quarante-trois… Cinquan… Arhh… Oui…

Il ne put se retenir plus longtemps et dut mettre fin à ce second palier d’exercices à mi-chemin, incapable de terminer la série de cent qu’il avait entamée. C’est au cinquante-huitième mouvement qu’il s’abandonna en deux maigres giclées aussitôt happées par les entrailles infertiles de Nadine qui soupira de contentement.

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