Une matinée pluvieuse

La pluie battante venait lécher les fenêtres de la petite chambre sombre dans laquelle le vieux couple encore blotti dans la douce chaleur des couvertures se réveillait paisiblement. Le bruit de l’eau accumulée dans la gouttière ruisselant le long de la descente chatouillait la vessie de la femme, qui calculait silencieusement le temps qu’il lui restait avant de ne plus tenir et de devoir affronter la fraîcheur de la chambre, puis du couloir, et finalement le froid qui régnait dans les toilettes, pour enfin se soulager. Il fallait que le degré de soulagement vaille la peine de l’inconfort passager ; elle évalua qu’elle avait encore une grosse demi-heure devant elle, et cette seule pensée la remplit d’un grand bonheur. La sensation de chaleur sous ses couvertures se fit encore plus douce et elle se remit à somnoler, un sourire sur les lèvres.

A ses côtés, l’époux émergeait lentement d’un rêve qui l’avait laissé dans un état de douce béatitude. Son membre en était le fringant témoin, il le saisit par réflexe pour le caresser lentement, les yeux encore fermés. Il avait toujours trouvé sa propre caresse plus plaisante qu’aucune autre. Lui seul savait ce qui le satisfaisait pleinement et aucune femme, même pas la sienne après trente ans de mariage, n’avait jamais réussi à reproduire les mouvements qui l’amenaient à l’extase plus sûrement et plus vite. Il aimait l’efficacité. Mais il aimait aussi la paix des ménages, aussi avait-il développé une technique intermédiaire.

Au fil des années, il avait bien compris que son épouse n’était pas du matin, ce qui ne l’empêchait pas de se sentir exclue quand il se faisait plaisir seul. Ah, les femmes ! Il saisit sa main et enroula ses doigts fins autour de son sexe dressé, avant de les recouvrir de sa propre main calleuse. Ainsi, il maîtrisait le geste tout en incluant sa femme ; la technique avait même l’avantage d’un toucher plus doux autour de son membre, un détail non négligeable quand son corps à moitié endormi rêvait encore de douceur. Ainsi positionné, il continua à se caresser lentement, guidant les doigts de sa moitié pour maximiser ses sensations.

La femme pouvait sentir le membre de son mari comme respirer sous ses caresses guidées, une sensation qui, après toutes ces années, continuait à l’émouvoir. Au toucher, elle pouvait deviner son plaisir et deviner l’avancée des opérations. Elle ne fut pas surprise de sentir une coulée de sperme chaud venir lui arroser la main, puis son époux lâcher son étreinte autour de ses doigts. Le sexe ramollissait doucement sous ses doigts, elle le délaissa pour caresser le torse velu de son époux, essuyant au passage la paume de sa main souillée, puis rajusta sa couverture pour garder un maximum de chaleur. Elle esquissa un sourire en évaluant qu’elle pouvait encore tenir une petite demi-heure avant d’aller aux toilettes.

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